JournalJRNL 180825 – 200825

JRNL 180825 – 200825

180825

Je me nourris d’audio, podcast sur podcast. Je m’abonne même au camp pleine lune sur Patreon. Je fais du camping à distance avec deux copines qui m’en laissent pas placer une.

 

Je sors quand même, je vais acheter un chapeau. Bleu. Et du café. Froid.

À la sortie du magasin je rentre dans l’ascenseur pour rejoindre le parking, avant moi entre une dame âgée :

— Bonjour Madame, vous allez à quel étage ?

— Bonjour Monsieur, je vais au citron.

Je suis surpris, en un instant ramené ici et maintenant. Une seconde ou deux. J’appuie sur zéro.

 

Voiture jaune, chapeau bleu, fenêtre ouverte, remontée au frais. Le bel été.

 

Nourrir mon chat et pas mon chat, assiettes léchées, deux lave-vaisselles.

 

Les audios s’enchaînent, j’entends pas tout, je pense trop fort. Parfois ça sélectionne :

Dans une émission,

— Je porte encore le masque dans les magasins moi !

— Je sais, je t’ai vu l’autre jour au Walmart.

— Ah bon ? Tu m’as reconnu même avec le masque ?

— Disons qu’il y a pas des tonnes de grands gaillards avec un gilet Britney Spears.

Puis dans une autre,

— Tu vois, ici j’aime bien chez toi parce que c’est petit, on a le sentiment, comme en Italie, qu’on n’est jamais seul.

Ou encore ici,

— Je t’ai trouvé un écran total, c’est protection soixantaine, mais comme c’est autobronzant, ça veut dire tu bronzes quand même, même que c’est écran total, mais pas avec les UVA, les UVB, c’est ta propre peau qui produit, avec la carotène, tu vois. C’est comme si tu mangeais des carottes, après, c’est très beau, c’est orange, tu verras.

 

Fin de journée.

Je me couche mélangé.

 

190825

Au marché, manger un burger. Le pain du dessus était tatoué, au fer chaud, de la marque du truck. Comme une viande, encore vivante. Il était très bon.

Revoir des visages depuis longtemps plus vus, des inconnus que je reconnais, tout le monde est toujours aussi beau.

 

J’ai parfois l’impression de ne pas être le même,

mais je me ressemble.

 

D’un coup le soleil disparaît.

Pluie.

Il est temps de rincer.

Tout.

 

Canapé, couverture, gris dehors. Un anime japonais chaleureux, une nuit entière qui se termine par un lever de soleil, une héroïne qui s’en sort, grâce au vent.

 

De retour dans la maison entravée, bientôt le centre de la nuit, je sens un tournant. Un tourment ? Un tournant.

Faire de la place ?

Encore ?

Faire quelque chose.

 

Se coucher, fenêtre ouverte, vent frais.

 

200825

Sculpter, je fais une poupée, une poupée chat.

 

Un anniversaire est organisé, ma voisine fête son entrée à la retraite. Je trinque. Deux enfants, deux chats, un chien, un troisième chat. Il pleut, je rentre tôt écouter la pluie. Mon chat ne suit pas.

 

En moins de deux, il est 22:22.

Il n’est toujours pas rentré.

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