JournalJRNL 100725 – 120725

JRNL 100725 – 120725

‎100725
Le chat sur mes genoux, c’est pas le mien, il s’appelle Picole mais j’ai déjà entendu d’autres l’appeler Ficelle ou Crotchon, des enfants. Le chat sur mes genoux, il est si petit, léger comme un oiseau.
 
Dans la cuisine les rideaux sont neufs, la lumière les traverse franchement. Moi aussi j’ai été traversé, par le fait d’avoir été vu, peut-être même reconnu. 
Je m’en souviens bien. 
Je pense à lui.
 
Il y a des pièces qui semblaient tout à coup habitées.
 
Dans l’écran deux aliens discutent, 
– c’est fou de se dire que le temps est une invention humaine, dit l’un.
– oui tu as raison, c’est vraiment une notion qu’ils ont inventée… Et ils se plaignent de ne pas en avoir assez, répond l’autre.
– mais je veux dire… si t’as créé le temps, crée-en plus !
– surtout qu’ailleurs que maintenant ils ne sont jamais.
Ils partagent une franche rigolade.
 
Je comprends pas grand-chose.
La vie est vaste.
Mon cerveau infini.
Et la seule chose que je contrôle, c’est de rien contrôler.
 
Je fais un stang, je m’arrête contre le mur, la tête à l’envers.
 
110725
Les mots du 11 ont disparu.
Avalés par une faille numérique.
Évaporés.
 
120725
Une partie de mes pensées s’est perdue dans la mise à jour de mon téléphone.
Comme un cahier en papier qui prend feu, ça arrive.
Des lignes de divagations emportées au loin.
Je m’en souviens pas.
 
Lâcher prise. 
De près ça ressemble à un exercice. 
Pas si facile. 
Pas autant que je le croyais.
J’ai les dents serrées.
Je vais faire une sieste.
 
Matinée drôle, engourdie.
 
J’ai eu après cette sieste (prévue deux heures, durée six), un échange sur les qualités, les défauts. J’ai réalisé que tout dépendait de la chaise sur laquelle je m’assieds. J’oublie parfois que je peux choisir de m’installer confortablement.
 
Émotionnelle cette journée, dis donc.
Je laisse passer des oiseaux.
Ils volent mon attention.
Ils prennent tout.
Ils offrent.
 
Ouvrir son coeur ce n’est pas que des mots, c’est une tornade, une tempête.
Ça secoue, ça griffe, ça lave.
Et si j’arrête de lutter, peut-être que… 
Je suis le vent.
 
J’ai envie de rire.
Plus.
Plus souvent.

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