JRNL I – 191124
Une douce journée, et pourquoi pas, de temps en temps, une douce journée où chaque chose a sa propre importance, toute particulière.
Je ne suis pas obligé de faire comme j’imagine qu’on attend de moi ou ce qui serait “normal”.
On serait mercredi, aussi. Bonjour. Une belle journée aujourd’hui, sous la pluie froide, cachant la neige. Quel bonheur, l’envol des couvertures, celles avec de longs poils.
Au chaud, gris dehors, ce n’est pas l’heure, mais je peux le deviner.
J’ai fait de la soupe, je veux en manger avant de congeler. On n’est pas obligé d’en manger trois jours de suite, voilà pourquoi.
Je fume des clopes, j’écris ces lignes au milieu de la nuit. Il pleut déjà, je l’entends, au loin.
Toutes les journées sont belles, mais je suis bientôt prêt à sortir, négocier l’hiver dans les rues, marcher aux lumières de Noël, rester tard dans les magasins, les nocturnes, comme on les appelle ici, revenir aux années passées… Tiens, dit comme ça, non merci, je ne bouge pas. Pour le moment, je reste ici à remplir des cahiers.
Tu sais, une couverture, au chaud, avec de la soupe.
JRNL II – 201124 (Matin)
Le matin, c’est tôt pour s’endormir. C’est dur d’accepter les vacances. Si on rejette le travail, doit-on rejeter les vacances ?
J’ai allumé la télévision, une chaîne d’info en continu. Je ne sais pas ce qui se passe, mais pour moi, ce sont des fous qui sont envoyés à l’antenne. Les théories sont complètement folles, je n’en reviens pas. Ils parlent de faits divers d’une manière peu gênée. En tout cas, c’est bourré de jugements, comme moi, parfois. Il me semble que c’est celui qui dit qui est.
Il n’y a que la vérité qui blesse. Ces vérités sont réduites à la portée de la bouche des enfants, répétées pour dire vrai.
Une vague acceptation semble une voie royale. Il me semble que, petit à petit, j’accepte. Accepter l’ennui de cet instant, car il est ma création. Sourire, car j’ai la conscience que je peux observer, contempler, écouter. Tiens, m’entends-tu ? En suivant à chaque instant ce qui m’excite le plus, alors il y a toujours quelque chose que je n’avais pas pensé : écrire, dessiner, expérimenter un certain lâcher-prise, une non-existence de l’urgence.
« Vite, trouvons la paix. Je vous aime. »
JRNL III – 201124 (Soirée)
On n’en a pas fini de s’exprimer, de s’écrire à soi-même à quel point on est super. Merci.
On va y arriver, même si on ne sait pas bien, ni pas du tout. Pour ma part, à quoi arriver ? Je comprends aujourd’hui qu’arriver à la détente n’est pas un but en soi.
Tiens, je me rappelle que j’ai une Wonderbox. Je vais me choisir un petit voyage. La vie est facile. J’avais écrit ça il y a quelques jours.
Est-ce que les gens qui souffrent de solitude n’ont pas de miroir ?
Bon, je vais me réchauffer des spaghettis ou non, manger un yaourt et une tartine, lançons une pagaille pour ce soir. Ah, et je me note pour plus tard (uniquement pour le plaisir de noter) l’idée d’écrire des cartes de Noël. Ho ho ho.
Et si je m’essayais aux caricatures pour les cartes de vœux ? Quelle bonne idée.
“Je suis sûr que tu vas trouver ton style.”
Sur cette page, les bouches, c’est nouveau. Je ne mets pas autant de détails qu’avant. À la TV, ça tourne en boucle les “nouvelles”.
« Les cons, j’en veux pas, moi, de leur bonnet. »
JRNL IV – 201124 (Noël et les moutons)
Une nouvelle page à l’heure où les nouvelles tournent en rond. Finalement, c’est déjà le soir. Ça passe vite une journée.
J’ai appris un mot aujourd’hui, pour dire familièrement “terre détrempée, boue”. On dit la “gadoue”. D’où la gadoue. Voilà.
Pour l’écho, revenons-en aux moutons.
Je voulais en dessiner un, puis je me suis rendu compte, dans l’exécution, que je ne savais pas exactement comment m’y prendre. Ça viendra.
Le chat est venu se coller, comme si je pouvais écrire et câliner. Je peux. J’écris. Il se frotte au crayon, le mord. Ah, il est con.
C’est une page un peu Noël, premiers essais de dessins pour mes cartes de vœux. Et aussi parce que dehors, en ce moment même, il neige. Ho ho ho. Il y a justement de la friction. Si on te demande de choisir entre chien et chat, renseigne-toi bien sur le pourquoi avant. Disons que ça dépend toujours.
En parlant de décoration, la question serait de savoir s’il faut sortir le gros sapin ou s’il peut être remplacé par un jeté de guirlandes bref.
“Je les aime bien ces dessins. C’est clair que je vais bien m’amuser.”
Flanthey, Gary Germanier, 2024
marie-france martin
Coucou Gary !
J’aime beaucoup tes dessins et le graphisme de texte qui convient très bien à tes textes.
Tu me connais franche comme… comme…. comme… je pense à ‘du beurre’ (mais je ne crois pas que cette expression existe ou signifie ? À voir) je suis plus perplexe pour les textes tapés. La saveur vient bcp du graphisme/dessin, bref comme un roman graphique.
Autrement dit, on (je) aimerait voir l’entièreté des phrases associées au portrait pour faire un journal graphique !
Voili voilà ce que j’en pense cher Gary !
Bonne journée (sans bonnet de père Noël)
xx mf