JournalJRNL 270825 – 290825

JRNL 270825 – 290825

270825

Une amie sort du médecin :

— J’ai peut-être un souci au cœur, le médecin m’a pris un rendez-vous de suite aux urgences de l’hôpital de Sion. Est-ce que tu peux m’y emmener ?

Voyage à Sion. Je la dépose et vais faire quelques courses.

— Quand tu as terminé, dis-moi, et si je suis par là je viens te chercher.

Pas de nouvelles, je rentre.

 

Je m’attaque à un Rummikub, un mini, peut-être que je vais aimer ça. Je comprends rien, mais ça me plaît ! Quelques minutes.

 

Je reçois des nouvelles, de bonnes nouvelles hospitalières. Lâcher prise.

 

280825

Je tourne mon cube dans tous les sens, pour l’instant je comprends rien, pour l’instant.

 

En acheter un plus gros. Sierre, Manor. Je commence par Manora, une pizza “au choix” : anchois, câpres, olives noires et une ou deux tranches d’ananas. Un thé froid maison, pêche. CHF 20,50.

 

En face de moi, sur une table à quatre, une dame ressemble à son iPhone qu’elle ne lâche pas du regard ; en face d’elle, son mari, il est au téléphone. De chaque côté, leurs enfants sur leur téléphone. Cette scène tranche avec les deux dames d’à côté qui semblent tout droit sorties du catalogue Bon Prix et qui rigolent en se regardant dans les yeux. Impossible de dire si elles ressemblent à leurs téléphones : Téléphones respectifs, dans bananes respectives.

 

Maison, cube de Rubik, je mélange, je résous, je mélange, je résous.

 

Mon émission du jeudi.

C’est suffisant.

 

290825

Vendredi, sortir acheter du café. Toujours dans un brouillard épais. Dehors il fait beau.

 

Blasé.

 

Dans les forums, je trouve une personne qui demande aux internautes une recommandation de livre pour, je cite : m’échapper de ma réalité et être emporté dans un autre monde le temps de la lecture. Je choisis une des recommandations un peu au hasard et me lance dans la lecture de Dungeon Crawler Carl. Aucune idée où je m’en vais, je suis pris dedans tout de suite, les dix premières minutes sont agréables. Mon cerveau me sort du livre :

Lire, c’est perdre du temps, c’est pas productif, tu pourrais faire du ménage ou les commandes de tes clients.

Je crois plus tout ça, cher cerveau, je te le répéterai autant de fois que nécessaire : je n’ai pas moins de valeur, même si je fais faux, même si je ne fais rien. Je ne lis pas pour être meilleur ou pour gagner du temps, mais pour prendre du plaisir et, en ce moment, surtout pour te faire taire.

 

Je sens que je me pousse à bout, je sens que quelque chose se passe, que je tiens des théories, que je me fatigue tout seul. Pourquoi ?

 

Et si c’était ça qui était beau, que tout ne soit que mystère ? Et si j’assumais que je n’avais jamais vraiment lâché mon romantisme ? Si je reprenais sans honte mes yeux d’amoureux ?

 

Ingérence poétique.

 

Leçon numéro 1 — recréer l’élan. Accepter d’être un homme qui doute.

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